• Alimentation pauvre en FODMAPs

    Bilan des 15 jours d’alimentation pauvre en FODMAPs

    On est le 20 janvier, c’est le temps du bilan des 15 jours (un peu plus) d’alimentation pauvre en FODMAPs (qui sont des sucres fermentescibles).

    Pour bien commencer l’année j’ai décidé de me lancer un défi, pour en savoir plus vous pouvez aller là : la résolution de janvier

    Et pour en savoir plus sur les FODMAPs vous pouvez aller voir mon post juste ici : c’est quoi ?

    Je prends en charge des patients qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable et ensemble nous mettons en place un protocole qui doit leur permettre de déterminer leur seuil de tolérance à ces sucres fermentescibles. Pour pouvoir mieux appréhender les difficultés qu’ils peuvent rencontrer j’ai décidé pendant le mois de janvier de faire 4 semaines d’alimentation pauvre en FODMAPs.

    En consultation j’explique à mes patients que durant la première phase du protocole ils vont devoir éliminer de leur alimentation l’ensemble des aliments contenant une grande quantité de FODMAPs et limiter les aliments qui en contiennent une faible quantité.

    En théorie c’est assez simple mais en pratique (et je m’en doutais avant de me lancer dans ce défi) c’est parfois compliqué de s’y tenir en permanence.

    Défi

    Concernant les inconvénients liés à cette phase d’exclusion :

    • En raison du grand nombre d’aliments à exclure de l’alimentation, il est important de planifier à l’avance les repas. J’ai donc du faire ce que je conseille souvent à mes patients et que je ne fais jamais : établir des menus à l’avance. Quand on en a pas l’habitude c’est un élément à intégrer à notre routine, mais on prend vite l’habitude.
      Il faut donc changer sa manière de faire ses courses en remplaçant certains produits par des produits sans gluten, sans lactose,… D’ailleurs l’achat de ces aliments peut entrainer une augmentation du budget alimentaire, il faudra veiller à panacher les repas entre des aliments de base qui ne contiennent pas de FODMAPs (riz, pomme de terre, carotte,..) avec des adaptations de produits (pain sans gluten, yaourt sans lactose,…)
    • Certaines situations peuvent être compliquées à gérer. En effet, lorsque l’on va au restaurant avec des amis ou lors d’invitation les plats ne correspondent pas toujours à ce que l’on peut manger. J’explique dans ce cas à mes patients qu’il peut y avoir quelques écarts durant la phase d’exclusion (c’est mieux de les éviter mais pas toujours évident) que l’on a identifié et dont on connaît les conséquences. Après il est possible d’essayer de regarder la carte du restaurant en amont, de poser des questions sur la composition exacte d’un plat pour savoir si on peut le manger ou alors de prévoir d’amener son propre repas pauvre en FODMAPs.
      Ce mois-ci un des événements compliqués à éviter c’était la galette des rois… J’avoue que j’ai craqué et que j’en ai mangé.
    • Il arrive de faire des « erreurs ». Durant ces deux semaines à deux reprises ça m’est arrivé :
      • La première fois c’était en ajoutant du sel dans un plat mais finalement le sel s’est avéré être un mélange de sel et d’autres éléments dont de l’échalote… Loupé, l’échalote est à proscrire pendant la phase d’exclusion.
      • La deuxième fois c’était au restaurant. J’avais bien fait attention au choix du plat mais lorsque les autres personnes ont reçu leur entrée alors que je n’en avais pas commandé j’ai mécaniquement jeté mon dévolu sur un morceau pain… Encore loupé, le pain est à proscrire.

    Ces deux semaines m’ont aussi permis de constater de vrais bénéfices :

    • En faisant des menus de manière régulière j’ai pu manger plus équilibré (car oui une diététicienne peut donner des conseils sur l’équilibre mais ne pas toujours les respecter…).
    • En deux semaines j’ai déjà pu noter des améliorations au niveau de mon transit. J’ai eu moins de gênes, moins de douleurs et surtout je n’ai plus de sensation de lourdeurs lorsque je fais de la course à pied. J’ai hâte de passer à l’étape de réintroduction pour pouvoir identifier les aliments auxquels je suis moins tolérante. Car même si je ne souffre pas du syndrome de l’intestin irritable j’ai forcément des tolérances plus ou moins grandes à certaines FODMAPs. Vous aussi d’ailleurs, si vous essayez de manger une grosse quantité de lentilles ou de pain vous allez ressentir une gêne !

    Rendez-vous à la fin du mois pour le bilan des 4 semaines et début février je vous partagerai quelques conseils pour préparer au mieux cette phase (le premier étant d’être accompagné par un professionnel de santé formé à ce type de prise en charge).

    D’ici là, portez vous bien !